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Hélène Duc



Date et Lieu de naissance : 22 mars 1917 (Bergerac, France)
Date et Lieu de décès : 23 novembre 2014 (Paris, France)
Nom Réel : Marcelle Geneviève Hélène Duc

ACTRICE
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1950 Edouard et Caroline – de Jacques Becker avec Daniel Gélin, Elina Labourdette & Jacques François
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1965 Les malabars sont au parfum – de Guy Lefranc avec Darry Cowl, Roger Pierre & Jean-Marc Thibault
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1986 Miss Mona – de Mehdi Charef avec Jean Carmet, Ben Smaïl, Albert Delpy & Albert Klein
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2001 Tanguy – de Etienne Chatiliez avec André Dussollier, Sabine Azéma, Eric Berger & Aurore Clément

Née à Bergerac le 22 mars 1917, Hélène Duc est attirée par les Lettres. Fille de médecin, elle devient Professeur à la fin des années trente et enseigne à Juliette Gréco, qu’elle retrouve plus tard à Paris. Hélène cache la jeune Juive, s’ensuit une longue amitié. Débuts à l’écran en 1944. Grande, hautaine, diction impeccable, cette allure glaciale n’est que façade: elle aime rire et pratique l’humour ravageur. Sa voix de fumeuse qui atténue sa classe naturelle, lui confère une grâce un peu canaille, proche de Jacqueline Maillan.

Le théâtre la cantonne trop souvent (mais avec quel panache!) dans les bourgeoises siphonnées. Idem au cinéma, sauf dans ses derniers films, où Hélène Duc trouve enfin des personnages à sa mesure. De même à la télévision, mais pour le public, elle reste à jamais la cruelle Mahaut d’Artois dans «Les Rois Maudits» (1972) de Claude Barma. Dans la nouvelle version de Josée Dayan en 2005, Jeanne Moreau reprend le rôle mais la réalisatrice impressionnée lui confie en «guest-star» le personnage de Madame de Bouville. Malgré ce beau parcours, elle n’a pas fait la carrière qu’elle méritait. Sa place était à la Comédie-Française, dans la mouvance de Mary Marquet. Racine et Molière l’attendaient.

Sympathie réciproque dès notre première rencontre au Théâtre des Variétés en 1961. Une pièce de Michel André, «Le Petit Bouchon» montée par Jacques Mauclair. Son allure et sa taille m’intimidant, jeune comédien, elle est venue vers moi, m’invitant souvent chez elle. Très coquette, aimant les belles toilettes, c’était le tour des couturiers et des boutiques luxueuses de Saint-Germain et de Passy. Ah! sa passion des grands chapeaux extravagants, très «classe», Garbo «La Divine»! Jean Barthet lui en réalisait de superbes, qu’elle portait comme personne. Je devais être là: «Accompagne-moi, je veux ton avis!». Elle n’avait nul besoin de moi tant son goût était parfait! Achetant au dessus de ses moyens. Qu’en pensait son époux? Autre anecdote: je venais la saluer tous les soirs dans sa loge avant le spectacle, non pour la vedette irritée. Un conflit ouvert... Un soir, je frappe à sa porte. «C’est vous, Inès?». J’imite l’habilleuse, réponds: «Oui!». «Entrez!». Stupeur! Elle était perchée sur ses escarpins luxueux, en petits dessous bleu-marine affriolants: soutien-gorge pigeonnant largement échancré sur le haut, petit slip mini pour l’époque, étroite ceinture porte-jarretelles à la taille retenant des bas impeccablement tirés. Rouge, bafouillant, j’ai la vision d’un très beau corps de femme, plus jeune de vingt ans que son visage avant ma fuite sans gloire. «Ne pars pas, je me couvre!... Tu peux entrer!». Je la retrouve dans un beau déshabillé plus rouge que mes joues! Sourire amusé. «Tu es un très bon imitateur». Nous nous sommes souvent revus après le spectacle. Hélas, nous n’avons plus jamais joué ensemble.

Hélène Duc a sauvé de nombreux Juifs à Bergerac et Marseille. A t-elle deviné que je l’étais? Le traumatisme a condamné les Juifs au silence durant quarante ans. Modeste, elle n’a jamais parlé de son action durant la guerre. En 2005, elle reçoit le titre de «Juste parmi les Nations». En 2009, elle est décorée de la Croix de la Légion d’Honneur, en 2011, elle est nommé au grade d’Officier de la Légion d’Honneur. Hélène meurt le 23 novembre 2014, à paris. Sa fille Elisabeth l’a précédée dans la tombe un an avant. Elle est enterrée au Père-Lachaise... Adieu, Hélène.

© Claude MERCUTIO

copyright
1944Falbalas – de Jacques Becker avec Raymond Rouleau
1950Edouard et Caroline – de Jacques Becker avec Daniel Gélin
1952Le plus heureux des hommes – de Yves Ciampi avec Fernand Gravey
1955Les grandes manœuvres – de René Clair avec Gérard Philipe
1959Le déjeuner sur l’herbe – de Jean Renoir avec Paul Meurisse
1960Le Caïd – de Bernard Borderie avec Fernandel
1961Les amours célèbres – de Michel Boisrond avec Edwige Feuillère
    Segment « Les comédiennes »
1962Comment réussir en amour ? – de Michel Boisrond avec Jean Poiret
TV Les trois chapeaux claques – de Jean-Pierre Marchand avec Marcel Bozzuffi
    Seulement adaptation & scénario
1963La vie conjugale : Françoise / Françoise ou la vie conjugale – de André Cayatte avec Marie-José Nat
La vie conjugale : Jean-Marc / Jean-Marc ou la vie conjugale – de André Cayatte avec Jacques Charrier
La chasse à l’homme – de Edouard Molinaro avec Jean-Paul Belmondo
1964Les baratineurs – de Francis Rigaud avec Francis Blanche
1965Les malabars sont au parfum – de Guy Lefranc avec Darry Cowl
1967À tout casser – de John Berry avec Johnny Hallyday
La prisonnière – de Henri-Georges Clouzot avec Laurent Terzieff
1972La femme en bleu – de Michel Deville avec Michel Piccoli
1973Je sais rien, mais je dirai tout – de Pierre Richard avec Bernard Blier
1975Catherine et Cie – de Michel Boisrond avec Patrick Dewaere
Le faux-cul – de Roger Hanin avec Robert Hossein
1979Alors heureux ! – de Claude Barrois avec Marc Jolivet
L’associé – de René Gainville avec Michel Serrault
1986Miss Mona – de Mehdi Charef avec Jean Carmet
1987Promis, juré ! – de Jacques Monnet avec Roland Giraud
1996Les sœurs Soleil – de Jeannot Szwarc avec Thierry Lhermitte
1997 CM Rien que des grandes personnes – de Jean-Marc Brondolo avec Jacques Bonnaffé
1999Un ange – de Miguel Courtois avec Richard Berry
2001Tanguy – de Etienne Chatiliez avec André Dussollier
2002Laisse tes mains sur mes hanches – de Chantal Lauby avec Jean-Hugues Anglade
Fiche créée le 1 mars 2013 | Modifiée le 14 février 2016 | Cette fiche a été vue 1916 fois
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