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Lucienne Bogaert



Date et Lieu de naissance : 6 janvier 1892 (Caudry, France)
Date et Lieu de décès : 4 février 1983 (Montrouge, France)
Nom Réel : Lucienne Jeanne Gabrielle Lefebvre

ACTRICE
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1944 Les dames du Bois de Boulogne – de Robert Bresson avec Maria Casares, Paul Bernard & Elina Labourdette
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1955 Voici le temps des assassins – de Julien Duvivier avec Jean Gabin, Danièle Delorme & Gérard Blain
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1963 Un gosse de la butte – de Maurice Delbez avec Madeleine Robinson, René Lefèvre & Suzanne Gabriello
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1972 Les volets clos – de Jean-Claude Brialy avec Marie Bell, Catherine Rouvel & Jacques Charrier

Lucienne Jeanne Gabrielle Lefebvre est née le 6 janvier 1892 à Caudry, dans le Nord. Elle a conservé le nom de son mari, le comédien Robert Bogaert, dont elle divorça, comme pseudonyme. Le visage tuméfié, mangé par des yeux immenses, on a toujours l’impression que Lucienne Bogaert vient de recevoir une correction. Ces yeux hors de tête, qui dévorent une figure désolée, semblent pleurer un éternel chagrin. Lucienne Bogaert est vouée au deuil. C’est avant tout une grande comédienne de théâtre. Sur scène, elle a joué sous la direction des plus grands: Jacques Copeau, qui l’intègre à la troupe du Vieux Colombier, avec laquelle elle part en tournée aux Etats-Unis, de 1917 à 1919, et qui lui permet d’explorer le répertoire, de Molière («L’avare», «L’amour médecin»), à Beaumarchais («Le mariage de Figaro»), en passant par Marivaux, Louis Jouvet, qui l’engage à la Comédie des Champs-Elysées, où elle crée deux pièces de Jean Giraudoux («Siegfried» et «Amphitryon 38») et «La machine infernale», de Jean Cocteau, où elle incarne le Sphinx.

Au cinéma, Lucienne Bogaert se fait rare et ne tourne que 13 films, de 1943 à 1973. Avec quelques rôles marquants, qui enferment l’actrice dans des personnages sordides, voués à l’ombre et aux machinations rancuneuses. Elle semble à l’aise dans les rôles de marâtres et de mères dévoyées. Ainsi, dans «Voici le temps des assassins» (1955), le film très noir de Julien Duvivier, elle campe la mère de Catherine (Danièle Delorme), épave tragique, gisant sur un lit de bouge, ravagée par la drogue qui la fait geindre comme une possédée. Et la voilà qui ourdit, de son grabat, le complot sinistre qui doit permettre à la garce démoniaque qu’incarne Danièle Delorme de prendre le brave Jean Gabin dans ses rets. Il faut la voir, dans «Maigret tend un piège» (1957) de Jean Delannoy, distiller son venin, belle-mère acrimonieuse face à une Annie Girardot qui lui tient la dragée haute. Décidément, le visage de pleureuse de Lucienne Bogaert ne sied qu’aux personnages équivoques, humiliés par la vie, comme la mère de Elina Labourdette, qui, pressée par le besoin, pousse sa danseuse de fille sur la scène d’un cabaret dans «Les dames du bois de Boulogne», de Robert Bresson en 1944.

Lasse enfin de gémir, Lucienne Bogaert décide de calmer ses fureurs d’Atride et de se détendre un peu. Aussi, dans «Le huitième jour» (1959), de Marcel Hanoun, lui voit-on jouer le rôle de la mère apaisée de Emmanuelle Riva, qu’elle encourage tout bonnement au mariage avec Félix Marten. Elle campe encore une voisine dans «Un gosse de la butte» (1963) de Maurice Delbez, avec Madeleine Robinson. Et puis, «last but not least», «Les volets clos» (1972), de Jean-Claude Brialy, où elle compose une tenancière de maison close à la retraite, marquent aussi son retrait de l’écran.

Lucienne Bogaert a fait quelques incursions sur les étranges lucarnes. C’est ainsi qu’elle a le rôle principal dans «Les papiers d’Aspern» (1971), de Raymond Rouleau, d’après Henry James et qu’elle incarne Nanine, la bonne de Marguerite Gauthier, dans une «Dame aux camélias» (1972) campée par Ludmilla Tchérina. Lucienne Bogaert a été la compagne, et elle est demeurée l’amie, du misogyne Michel Simon, qui aurait eu avec elle sa plus longue liaison. Ce qui est une performance en soi. L’actrice est décédée le 4 février 1983 à Montrouge. Elle est inhumée dans la 154ème division du cimetière de Pantin.

© Jean-Pascal LHARDY

copyright
1943Le corbeau – de Henri-Georges Clouzot avec Héléna Manson
1944Vautrin – de Pierre Billon avec Michel Simon
Les dames du Bois de Boulogne – de Robert Bresson avec Maria Casares
1947Une grande fille toute simple – de Jacques Manuel avec Raymond Rouleau
1950Dieu a besoin des hommes – de Jean Delannoy avec Pierre Fresnay
1952Les enfants de l’amour – de Léonide Moguy avec Jean-Claude Pascal
1955Voici le temps des assassins – de Julien Duvivier avec Jean Gabin
1957Maigret tend un piège – de Jean Delannoy avec Jean Debucourt
1959Le huitième jour – de Marcel Hanoun avec Félix Marten
1961Le crime ne paie pas – de Gérard Oury avec Philippe Noiret
    Segment « L’affaire Hughes »
1963Un gosse de la butte / Rue des Cascades – de Maurice Delbez avec Madeleine Robinson
1966Le soleil des voyous – de Jean Delannoy avec Robert Stack
Safari diamants – de Michel Drach avec Jean-Louis Trintignant
1972Les volets clos – de Jean-Claude Brialy avec Marie Bell
Fiche créée le 26 novembre 2009 | Modifiée le 14 août 2014 | Cette fiche a été vue 4640 fois
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