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Suzet Maïs



Date et Lieu de naissance : 31 janvier 1908 (Paris, France)
Date et Lieu de décès : 24 janvier 1989 (Aix-en-Provence, France)
Nom Réel : Suzette Charlotte Marie Mathilde Roux

ACTRICE
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1931 Pour vivre heureux – de Claudio de la Torre avec Noël-Noël, Pierre Etchepare & Georges Cahuzac
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1937 Chéri-Bibi – de Léon Mathot avec Pierre Fresnay, Jean-Pierre Aumont, Thomy Bourdelle & Lucien Dalsace
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1947 Si jeunesse savait – de André Cerf avec Jules Berry, Jean Tissier, Saturnin Fabre & Lucas Gridoux
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1950 Atoll K. (Utopia) de Léo Joannon avec Stan Laurel, Oliver Hardy, Suzy Delair & Félix Oudart

À l’écran, Suzet Maïs, née le 31 janvier 1908 à Paris, ne fait pas de cadeaux à ses partenaires. Elle les toise de son œil glacial et, convaincue de leur insignifiance, les pétrifie d’un rictus de mépris. Son visage de bonbon anglais ne l’empêche pas d’aciduler ses personnages et de vinaigrer ses compositions. Avant de se consacrer au cinéma, au début des années 30, elle fréquente les scènes de théâtre, où elle joue les auteurs à la mode, de Steve Passeur («Une vilaine femme», en 1932, mise en scène par Madame Simone), à Paul Nivoix («Le bouillant Achille», en 1949, avec Bourvil), en passant par Bernstein. On la voit aussi dans «La folle de Chaillot» (1965), de Jean Giraudoux, montée par Georges Wilson.

Un de ses rôles les plus emblématiques reste celui d’Anastasie de Restaud, la fille aînée du père Goriot qui, dans le film du même nom que Robert Vernay a tiré, en 1944, du célèbre roman de Balzac, se conduit comme une arriviste et une mondaine sans cœur, qui préfère se pavaner au bras du brillant Maxime de Trailles que de fréquenter la modeste pension Vauquer, où vit son père. Quelques années plus tôt, en 1937, elle a déjà brossé, dans «Claudine à l’école» de Serge de Poligny, d’après Colette, le portrait d’une ambitieuse sans scrupules. Nouvelle institutrice, elle intrigue en effet pour obtenir le renvoi d’une enseignante appréciée par Claudine, Blanchette Brunoy, qu’elle prend un plaisir sadique à blesser. Suzet Maïs aime utiliser les autres pour servir ses desseins. C’est le cas du pauvre Canabol, héros ventripotent du «Martyre de l’obèse» (1931) de Pierre Chenal, à qui elle fait tourner la tête sans perdre la sienne. Chéri Bibi n’est pas plus chanceux qui, dans «Chéri-Bibi» (1937) de Léon Mathot, est dénoncé par sa femme, une Suzet Maïs désireuse de protéger son frère, le véritable assassin. Puis elle retrouve ses silhouettes d’aristocrates collet-monté et de bourgeoises hautaines: c’est la comtesse de Boves qui, dans «Au bonheur des dames» (1943) de André Cayatte, se sert de sa morgue pour jouer les kleptomanes, ou cette Mme Loiseau qui, dans «Boule de suif» (1945) de Christian-Jaque, écrase de son dédain la prostituée patriote inventée par Maupassant. Elle a aussi le temps d’être la fiancée de Charles Trénet dans «Frédérica» (1942) de Jean Boyer. Puis elle donne la réplique au mythique duo formé par les géniaux Stan Laurel et Oliver Hardy, dans leur dernier film, le consternant «Atoll K» (1950) de Léo Joannon.

Dans les années 50, les apparitions de Suzet Maïs à l’écran se font plus épisodiques et les rôles moins étoffés. Dans «La terreur des dames» (1956) de Jean Boyer, tiré d’une nouvelle de Maupassant, elle incarne une fiancée un peu mûre, qui convoite l’argent de son promis, un libraire enrichi, candidat aux élections municipales. L’année suivante, elle doit se contenter de camper une concierge dans «La polka des menottes» de Raoul André, ou une vendeuse de postes de radio dans «C’est arrivé à 36 chandelles» de Henri Diamant-Berger. Alors, après avoir incarné, aux côtés de Sophie Desmarets, une baronne pour rire dans une pochade de Robert Vernay, «Fumée blonde» (1957), elle tourne un dernier film, «Le roi des montagnes» (1962), de Willy Rozier, avec Félix Marten. En 1954, elle enregistre un disque où, de, de sa voix précise et boulevardière, elle égrène quelques «Histoires de Paris» écrites par Francis Blanche, Henri Lande ou par Jules Renard. Et puis, au milieu des années 60, Suzet Maïs quitte la carrière et se réfugie dans une retraite que plus rien ne viendra troubler. Et c’est dans la douceur de l’hiver méridional qu’elle s’éteint à Aix-en-Provence, le 24 janvier 1989, sans doute lassée de déverser son venin sur les écrans.

© Jean-Pascal LHARDY

copyright
1929Paris la nuit – de Henri Diamant-Berger avec Armand Bernard
1931Amour à l’américaine – de Claude Heymann & Paul Féjos avec André Luguet
Jean de la lune – de Jean Choux avec René Lefèvre
Le martyre de l’obèse – de Pierre Chenal avec André Berley
Pour vivre heureux – de Claudio de la Torre avec Noël-Noël
1932Rivaux de la piste – de Serge de Poligny avec Albert Préjean
1933Touchons du bois – de Maurice Champreux avec Jeanne Cheirel
1936Le coupable – de Raymond Bernard avec Pierre Blanchar
1937Chéri-Bibi – de Léon Mathot avec Pierre Fresnay
Les hommes sans nom – de Jean Vallée avec Constant Rémy
Claudine à l’école – de Serge de Poligny avec Max Dearly
1938Le joueur – de Gerhard Lamprecht & Louis Daquin avec Pierre Blanchar
CM À nous la jeunesse – de Eugene Deslaw avec René Lefèvre
1939Noix de coco – de Jean Boyer avec Michel Simon
1942Frédérica – de Jean Boyer avec Elvire Popesco
1943Au bonheur des dames – de André Cayatte avec Michel Simon
Domino – de Roger Richebé avec Fernand Gravey
1944Le père Goriot – de Robert Vernay avec Pierre Renoir
1945Boule de suif – de Christian-Jaque avec Micheline Presle
1947Si jeunesse savait – de André Cerf avec Jules Berry
1950Atoll K. ( Utopia / escapade / Robinson Crusoeland ) de Léo Joannon avec Stan Laurel
Demain nous divorçons – de Louis Cuny avec Jean Desailly
1952Mourrez, nous ferons le reste – de Christian Stengel avec Robert Dalban
1955Marguerite de la nuit – de Claude Autant-Lara avec Yves Montand
Les indiscrètes – de Raoul André avec Raymond Cordy
1956Quand vient l’amour – de Maurice Cloche avec Vera Talchi
Sous le ciel de Provence / Quatre pas dans les nuages ( era di venerdi 17 ) de Mario Soldati avec Fernandel
La polka des menottes – de Raoul André avec Mischa Auer
La terreur de dames / Ce cochon de Morin – de Jean Boyer avec Noël-Noël
1957C’est arrivé à trente-six chandelles – de Henri Diamant-Berger avec Jane Sourza
Fumée blonde – de Robert Vernay avec Noël Roquevert
1962Le roi des montagnes / Voleurs de femmes – de Willy Rozier avec Félix Marten
Fiche créée le 26 novembre 2009 | Modifiée le 27 décembre 2015 | Cette fiche a été vue 3291 fois
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