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Tania Balachova



Date et Lieu de naissance : 25 février 1902 (Saint-Pétersbourg, Empire Russe)
Date et Lieu de décès : 4 août 1973 (La Ferté-Macé, France)
Nom Réel : Tatiana Balachoff

ACTRICE
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1936 Rose – de Raymond Rouleau avec Lisette Lanvin, Jean Servais, Sylvia Bataille & Henri Guisol
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1942 Marie-Martine – de Albert Valentin avec Renée Saint-Cyr, Saturnin Fabre, Jules Berry & Bernard Blier
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1972 Le grand blond avec une chaussure noire – de Yves Robert avec Pierre Richard, Jean Carmet & Bernard Blier
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1973 Salut l’artiste – de Yves Robert avec Marcello Mastroianni, Françoise Fabian & Jean Rochefort

Tania Balachova naît en Russie où son père Pavel Balachoff est journaliste. Sa famille aisée et francophone émigre en 1910 vers la Belgique pour s’éloigner des violences qui secouent le pays depuis cinq ans. Après des études au Conservatoire Royal de Bruxelles, elle présente à Paris, au théâtre Femina en 1922, un premier spectacle russe fort apprécié par ses compatriotes en exil. Boris et Dmitri, son frère et son neveu structurent le cinéma belge et la future cinémathèque.

En 1924, Tania Balachova épouse Raymond Rouleau. Ils s’installent en 1927 à Paris, c’est l’aube d’une carrière où elle rencontre l’avant-garde: Charles Dullin, Georges Pitoëff, Louis Jouvet. Antonin Artaud lui propose de participer, en 1928, à une de ses expériences avec «Le songe» de Strinberg. Au théâtre de l’Athénée en 1935, elle créée le rôle d’Andromaque dans «La guerre de Troie n’aura pas lieu» de Jean Giraudoux, avec une mise en scène de Louis Jouvet. En 1944, la guerre mondiale fait rage, Jean-Paul Sartre exalte l’existentialisme avec la création de «Huis-Clos» au théâtre du Vieux-Colombier où Tania triomphe en incarnant la machiavélique Inès Serrano; à la 150e, le Débarquement est annoncé et c’est en 1945, dans ce même théâtre, qu’elle débute son extraordinaire enseignement, assistée par Henri Rollan et Michel Vitold. Adepte de la Méthode de Constantin Stanislavski, Tania Balachova rompt avec l’académisme de la diction et de la déclamation et promeut la technique du réalisme psychologique qui doit guider l’interprète pour donner une âme au personnage qu’il incarne. Plusieurs centaines d’artistes étudient dans son théâtre-école réputé, ils constituent un essaim au service du théâtre et du cinéma: Antoine Vitez, Michael Lonsdale, Delphine Seyrig, Laurent Terzieff, Claude Régy, Jean-Louis Trintignant, Josiane Balasko, Maurice Garrel, Pascale de Boysson, Pierre Arditi, Roger Hanin, Daniel Ceccaldi, Sylvie Joly, etc. Ils acquièrent une formation avec des cours quotidiens dans différents théâtres parisiens et dans l’atelier personnel de Tania au square des Batignolles. La notoriété de ce cours devient si grande que Lee Strasberg étudie et applique la même méthode en dirigeant l’Actors Studio à New-York.

Rare au cinéma, Tania Balachova accepte cependant de faire une magistrale postsynchronisation, en doublant Judith Anderson qui incarne la terrifiante Mme Danvers dans «Rebecca» (1947) de Alfred Hitchcock. Elle apparaît dans plusieurs séries policières télévisées et fait de nombreuses mises en scène, notamment «Les Bonnes» de Jean Genet en 1954. Elle créé «Les possédés» de Dostoïesvki en 1959, dans l’adaptation théâtrale d’Albert Camus puis, en 1961, «Naïves hirondelles» de Roland Dubillard. Elle écrit deux pièces, «Lady Macbeth» et «La matinée d’un homme de lettres». Ses passions sont le jeu de poker, les romans policiers et l’auteur Tchékhov. Elle passe ses vacances en Bretagne, en toute simplicité au camping de La Guimorais. «L’argent tue le goût» dit-elle, en effet, modeste et exigeante, elle ne travaille qu’avec ceux qui conviennent à son optique dramaturgique. En 1972, Tania Balachova fait une boucle de cinquante années et compose le spectacle «Vetcherinka» (en russe, petite soirée) au théâtre du Lucernaire avec pour trame «Strasti Mordasti» de Maxime Gorki, mais aussi les écrivains Blok, Maïakovski, Essenine et d’autres... Cette grande dame du théâtre tire sa révérence durant l’été 1973 à La Ferté-Macé. Au cimetière breton de Saint-Coulomb, Tania Balachova reçoit un dernier et vibrant hommage par la profession où nombreux sont ses anciens élèves.

© Philippe de FIORIDO

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1936Rose – de Raymond Rouleau avec Lisette Lanvin
    + scénario
1940Rebecca – de Alfred Hitchcock avec Laurence Olivier
    Seulement voix française de Judith Anderson
1942Marie-Martine – de Albert Valentin avec Renée Saint-Cyr
1972Le grand blond avec une chaussure noire – de Yves Robert avec Pierre Richard
La chute d’un corps – de Michel Pollac avec Fernando Rey
1973Salut l’artiste – de Yves Robert avec Marcello Mastroianni
Fiche créée le 27 avril 2016 | Modifiée le 1 mai 2016 | Cette fiche a été vue 1118 fois
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