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Niels Arestrup



Date et Lieu de naissance : 8 février 1949 (Montreuil, France)
Date et Lieu de décès : 1er décembre 2024 (Ville-d’Avray, France)►
Nom Réel : Niels Philippe Arestrup

ACTEUR
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1983 Le futur est femme (il futuro è donna) de Marco Ferreri avec Ornella Muti, Ute Cremer & Hanna Schygulla
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1990 La tentation de Vénus (meeting Venus) de István Szabó avec Glenn Close, Kiri Te Kanawa & Maïté Nahyr
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2011 Cheval de guerre (war horse) de Steven Spielberg avec Emily Watson, David Thewlis & Jeremy Irvine
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2019 Villa Caprice – de Bernard Stora avec Patrick Bruel, Paul Hamy, Irène Jacob, Michel Bouquet & Alaa Safi

«Vous imaginez bien que fils d’ouvrier dans les années 1950, le spectacle, le théâtre, le cinéma, c’était quelque chose qui n’entrait pas du tout dans mes pensées». Et pourtant? Né le 8 février 1949 à Montreuil en région parisienne, Niels Arestrup est le fils unique d’un père danois et d’une mère bretonne. Enfant solitaire, il grandit au sein d’une famille modeste, se montre peu enclin à l’étude et, ayant échoué au bac, vit de petits boulots. Il doit à une rencontre la chance de faire une percée, et non des moindres, dans le cinéma. Samy Pavel lui propose un rôle vedette d’homosexuel dans «Miss O’Gynie et les hommes fleurs» (1973). Parallèlement, Niels Arestrup s’inscrit à des cours d’Art dramatique et débute une carrière sur les planches qu’il foulera tout au long de sa vie, le théâtre étant pour lui «une expérience viscérale». Au cinéma, il décroche des rôles nuancés mais sans grand relief, qu’il soit secrétaire de Léon Trotski dans le biopic de Alain Resnais «Stavisky» (1974), confronté à un monde postapocalyptique dans un film de science-fiction de Jean Pourtalé, «Demain les mômes» (1975), ou encore malmené dans un ménage à trois avec Hanna Schygulla et Ornella Muti dans «Le futur est femme» (1983) de Marco Ferreri.

Etonnant chef d’orchestre hongrois en butte à maintes difficultés pour diriger «Tannhaüser» de Richard Wagner à l’Opéra de Paris, aux côtés de Glenn Close, dans «La tentation de Vénus» (1990) de Istvan Szabo, Niels Arestrup tarde à jouer dans des films susceptibles de mettre en lumière «la force de son jeu et sa présence magnétique». La reconnaissance va venir crescendo à partir des années 2000. C’est Jacques Audiard qui lui ouvre les portes de la notoriété avec deux films, couronnés de deux Césars du meilleur second rôle masculin. Dans «De battre mon cœur s’est arrêté» (2005), l’acteur campe le père brutal et immoral de Romain Duris, dans l’univers véreux de l’immobilier. Et «Un prophète» (2008) lui imprime la stature d’un redoutable chef de clan mafieux corse face à Tahar Rahim. Visage sévère et expressif, Niels Arestrup peut sans peine personnifier des êtres peu sympathiques, durs, coléreux, initiés avec «Les loups entre eux» (1985) de José Giovanni. Lui-même n’est pas exempt de violence, dénoncée par quelques partenaires. Il s’en défend et n’en poursuit pas moins sa carrière, y compris derrière la caméra, signant et réalisant «Le candidat» (2006), qui met Yvan Attal au cœur d’une machination politique. Adepte des identités complexes, il renoue avec l’âpre univers du pouvoir dans le film de Bertrand Tavernier, «Quai d’Orsay» (2012). Il y obtient son troisième César du meilleur second rôle en interprétant avec brio un directeur de cabinet plein de flegme et de rouerie. Il impressionne tout autant dans «Diplomatie» (2013) de Volker Schlöndorff, en général allemand chargé de détruire Paris en 1944, dans un face à face rugueux avec le consul suédois, joué par André Dussollier, qui s’efforce de l’en dissuader.

Les années suivantes, Niels Arestrup se fait plus rare sur les écrans, tout en se distinguant encore en avocat redouté dans «Villa Caprice» (2019) de Bernard Stora, ou en vieil homme faisant appel à un romancier pour écrire sa grande histoire d’amour… et de crimes, dans la série télévisée «Les papillons noirs» (2022). Marié à l’actrice Isabelle Le Nouvel, père de jumeaux, Niels Arestrup décède d’un cancer le 1er décembre 2024 à l’âge de 75 ans. Ce génial comédien ne s’est pas contenté de dérouler une carrière riche et variée, il s’est investi dans la formation artistique et a fondé une école de théâtre réputée, convaincu que «transmettre, c’est la plus grande récompense».

© Isabelle MICHEL

copyright
1973Miss O’Gynie et les hommes fleurs – de Samy Pavel avec Martine Kelly
1974Stavisky… / L’empire d’Alexandre ( Stavisky, il grande truffatore ) de Alain Resnais avec Charles Boyer
Je, tu, il, elle – de Chantal Akerman avec Claire Wauthion
1975Lumière – de Jeanne Moreau avec Lucia Bosé
Demain les mômes – de Jean Pourtalé avec Emmanuelle Béart
Le grand soir – de Francis Reusser avec Jacqueline Parent
1976Si c’était à refaire – de Claude Lelouch avec Catherine Deneuve
Les apprentis sorciers – de Edgardo Cozarinsky avec Marie-France Pisier
1977Plus ça va, moins ça va – de Michel Vianey avec Helga Liné
Tauwetter – de Markus Imhoof avec Gila von Weitershausen
1978La chanson de Roland – de Franck Cassenti avec Dominique Sanda
CM La passion d’une femme sans cœur / Histoires abominables: La passion d’une femme sans cœur – de Moïse Maatouk avec Catherine Gandois
1979La dérobade – de Daniel Duval avec Maria Schneider
La femme flic – de Yves Boisset avec Miou-Miou
1980Du blues dans la tête – de Hervé Palud avec Christine Boisson
    + scénario
Seuls – de Francis Reusser avec Bulle Ogier
1981 DO La guerre d’un seul homme – de Edgardo Cozarinsky
    Seulement voix & narration
1983Le futur est femme ( il futuro è donna ) de Marco Ferreri avec Hanna Schygulla
1984Diesel – de Robert Kramer avec Magali Noël
Signé Charlotte – de Caroline Huppert avec Isabelle Huppert
1985Les loups entre eux – de José Giovanni avec Lisa Kreuzer
1986La rumba – de Roger Hanin avec Patachou
Barbebleue ! Barbebleue ! ( Barbablú, Barbablú ) de Fabio Carpi avec Susannah York
CM Le goûter chez Niels – de Didier Martiny avec Yasmina Reza
1987Charlie Dingo – de Gilles Béhat avec Caroline Cellier
Ville étrangère – de Didier Goldschmidt avec Anne Wiazemsky
1988Doux amer – de Franck Apprederis avec Véronique Jannot
1990La tentation de Vénus ( meeting Venus ) de István Szabó avec Glenn Close
1993Délit mineur – de Francis Girod avec Macha Méril
Dernier jour de la victime – de Bruno Gantillon avec Assumpta Serna
1994 DO Citizen Langlois – de Edgardo Cozarinsky avec Eric Rohmer
    Seulement voix & narration
1996Rewind – de Sergio Gobbi avec Maruschka Detmers
1998Le pique-nique de Lulu Kreutz – de Didier Martiny avec Carole Bouquet
2001Une affaire privée – de Guillaume Nicloux avec Marion Cotillard
Parlez-moi d’amour – de Sophie Marceau avec Judith Godrèche
2005De battre mon cœur s’est arrêté – de Jacques Audiard avec Romain Duris
    César du meilleur second rôle masculin, France

Les fragments d’Antonin – de Gabriel Le Bomin avec Anouk Grinberg
2006La part animale – de Sébastien Jaudeau avec Rachida Brakni
Le scaphandre et le papillon – de Julian Schnabel avec Mathieu Amalric
Le candidat / La victoire a un prix – de Niels Arestrup avec Yvan Attal
    + scénario
2008Un prophète – de Jacques Audiard avec Tahar Rahim
    César du meilleur second rôle masculin, France

    Prix LAFCA du meilleur second rôle masculin par l’association des critiques de cinéma de Los Angeles, USA

    Meilleur second rôle par la «International Cinephile Society», organisation en ligne des critiques de films, USA

L’affaire Farewell – de Christian Carion avec Diane Kruger
2009Elle s’appelait Sarah – de Gilles Paquet-Brenner avec Kristin Scott Thomas
L’homme qui voulait vivre sa vie – de Eric Lartigau avec Romain Duris
CM L’invitation – de Niel Arestrup avec Guillaume Gallienne
    + scénario
2010Je n’ai rien oublié – de Bruno Chiche avec Gérard Depardieu
Tu seras mon fils – de Gilles Legrand avec Patrick Chesnais
2011Cheval de guerre ( war horse ) de Steven Spielberg avec Emily Watson
À perdre la raison – de Joachim Lafosse avec Emilie Dequenne
2012Quai d’Orsay – de Bertrand Tavernier avec Thierry Lhermitte
    César du meilleur second rôle masculin, France

La dune – de Yossi Aviram avec Guy Marchand
2013Diplomatie – de Volker Schlöndorff avec André Dussollier
    Meilleur acteur au festival international du cinéma de Valladolid, Espagne

96 heures – de Frédéric Schoendoerffer avec Gérard Lanvin
2014Papa lumière – de Ada Loueilh avec Natacha Lindinger
2015Vue sur mer ( by the sea ) de Angelina Jolie avec Brad Pitt
2016Retour à Montauk ( rückkehr nach Montauk ) de Volker Schlöndorff avec Stellan Skarsgård
Au revoir là-haut – de Albert Dupontel avec Nahuel Pérez Biscayart
2017At eternity’s gate / À la porte de l’éternité ( at eternity’s gate ) de Julian Schnabel avec Willem Dafoe
2019Villa Caprice – de Bernard Stora avec Irène Jacob
2021Divertimento – de Marie-Castille Mention-Schaar avec Lina El Arabi
Fiche créée le 1 décembre 2024 | Modifiée le 12 mars 2025 | Cette fiche a été vue 771 fois
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